Après l’ivresse des mots, ce que personne ne dit sur la vie d’un roman après le point final

Il y a ce moment. Celui qu’on n’anticipe pas vraiment quand on écrit, parce qu’on est trop dedans, trop dans les phrases, trop dans les personnages pour penser à ce qui vient après. Et puis un jour le dernier mot est posé, le dernier chapitre refermé, et on se retrouve face à quelque chose d’étrange, un roman terminé, et tout ce qui reste à faire avant qu’il existe vraiment.

Personne ne vous prépare à ça. On parle de l’écriture, de l’inspiration, de la discipline qu’il faut pour tenir sur la durée. On parle moins de ce qui suit, la relecture, les corrections, les démarches administratives, la publication. Ces étapes là sont moins romantiques. Elles sont pourtant aussi importantes que les mots eux-mêmes.

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AVANT QUE TOUT S’ÉTEIGNE — La couverture est là

Il y a des couvertures qu’on regarde une seconde, et il y a celles qu’on ne peut plus quitter des yeux.

Celle-ci fait partie des secondes.

Depuis des mois, ce roman existe dans ma tête, dans mes nuits, dans ces heures volées entre deux obligations où les mots s’imposent avec une urgence qu’on ne choisit pas vraiment. Depuis des mois, Sophie existe, avec ses silences, ses calculs, sa douceur de façade et cette chose froide et déterminée qui bat quelque part sous tout ça. Et aujourd’hui, pour la première fois, elle a un visage. Une image. Une couverture.

Je voulais vous la montrer. Je voulais prendre le temps de vous en parler.

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Quand la nature vous déteste (mais que vous gardez le sourire)

On me dit toujours que la nature est belle. Apaisante. Ressourçante. Qu’il faut prendre le temps de se promener dans les parcs, d’écouter le chant des oiseaux, de se reconnecter à cette terre qui nous porte.

Eh bien aujourd’hui, la nature m’a littéralement chiée dessus.

Je ne plaisante pas. Je marchais tranquillement dans le parc, profitant de cette pause entre deux patients. L’air était frais, le ciel à peine nuageux. Je pensais à mes trucs, à ma journée, à rien de spécial. Et puis j’ai senti quelque chose de chaud. De mouillé. Au-dessus de la poitrine.

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Écrire… et si c’était enfin mon tour ?

Il y a des questions qui reviennent, douces et insistantes, comme un parfum qu’on ne peut pas ignorer. Celles qu’on entend une fois, deux fois, dix fois, et qui finissent par s’installer quelque part entre le cœur et le ventre, à cet endroit précis où naissent les vraies décisions.

« Mais pourquoi tu n’écrirais pas un roman ? »

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Quand l’hiver s’éternise

Il y a ce moment, vers la fin février, où l’hiver semble ne jamais devoir finir. Où les matins sont toujours aussi froids, aussi sombres. Où la brume colle encore à la peau comme une promesse non tenue. Où le printemps, ce fameux printemps qu’on attend, qu’on espère, reste désespérément absent.

Ce matin encore, sept degrés. Cette humidité qui pénètre les os. Ce ciel gris qui pèse sur les épaules. Je regarde par la fenêtre et je me demande : est-ce qu’il y aura un jour où je ne devrai plus superposer trois couches avant de sortir ? Est-ce qu’il y aura un matin où le soleil sera vraiment chaud, pas juste cette lumière pale et sans force ?

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Malgré tout, la douceur

Il y a des jours où j’allume les informations et mon cœur se serre. Cette violence qui explose partout, incompréhensible, gratuite, absurde. Ces guerres qui n’en finissent pas. Ces haines qui se propagent comme un incendie. Ces gens qui se blessent, qui se tuent, qui se déchirent pour des raisons que je ne comprends pas, que je ne comprendrai jamais.

Mais aujourd’hui, ce n’est pas la télévision qui m’a ramenée à cette réalité brutale. C’est le message d’une amie. Quelques mots seulement. Suffisants pour que mon sang se glace. Cette violence dont je parle, elle ne se passe pas toujours loin, dans des pays dont je ne connais pas le nom. Parfois, elle frappe tout près. Elle frappe quelqu’un que j’aime. Elle s’invite dans un lieu qu’on croyait sûr, dans une journée qu’on pensait ordinaire.

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Saint Valentin en solo

Aujourd’hui, c’est la Saint Valentin. Les vitrines débordent de rouge et de rose, les fleuristes croulent sous les bouquets commandés, les restaurants affichent complet. Partout, des couples. Partout, des mains enlacées, des regards complices, des promesses murmurées.

Et moi, je suis seule.

Mais ce matin, en me réveillant, j’ai décidé quelque chose. J’ai décidé que cette Saint Valentin serait quand même la mienne. Pas celle d’un couple que je n’ai pas. Pas celle d’une attente déçue. La mienne. Juste la mienne.

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La première fois

Cet après-midi, dimanche, dans le parc. Je marchais tranquillement, perdue dans mes pensées, profitant de cette journée de repos bien méritée. L’air était frais, les arbres presque nus. Un moment volé à la semaine qui recommencera demain. Un moment à moi.

Et puis, une voix.

« Excusez-moi… C’est vous ? »

Je me retourne. Un homme, la cinquantaine, me regarde avec un sourire hésitant. Je ne le connais pas. Enfin, je crois. Mon cerveau fait défiler rapidement : un patient ? Un ancien collègue ? Quelqu’un du quartier ?

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La danse des friperies

Il y a ce moment où je pousse la porte. Cette odeur particulière qui m’accueille, mélange de tissu ancien, de lessive douce et de poussière de temps. L’odeur des friperies. Celle qui fait froncer le nez aux uns et sourire aux autres. Moi, je souris. Déjà.

Je n’ai rien à chercher. C’est justement pour ça que je suis là. Pas de liste, pas d’urgence, pas de besoin précis. Juste cette envie de flâner, de me perdre entre les portants qui débordent, de laisser mes doigts glisser sur les matières, de me laisser surprendre.

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Quand la poisse s’invite à danser

Il y a des périodes comme ça. Des moments où l’univers semble avoir décidé que vous étiez sa cible favorite, son jouet préféré, sa source d’amusement personnelle. Où la poisse ne vous lâche plus d’une semelle, vous colle à la peau comme une maîtresse jalouse qui refuse de vous laisser tranquille.

C’est arrivé doucement, presque tendrement. Ma machine à café, celle que j’avais avant, celle qui moulait les grains avec ce bruit sensuel, qui embaumait la cuisine de ses effluves prometteurs, a décidé de me lâcher.

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