Les matins de plomb

Le réveil sonne. Encore. Pour la troisième fois. Ma main émerge des draps, lourde comme si elle portait le poids du monde, et frappe mollement l’écran du téléphone. Neuf minutes de plus. Toujours ces neuf minutes volées au jour qui commence, comme si elles pouvaient changer quelque chose.

Il y a ces matins-là. Ceux où le lit devient un piège doux, une étreinte tiède dont on ne veut plus se défaire. Ceux où chaque fibre du corps refuse l’idée même de verticalité. Le simple fait de soulever la couette semble demander une énergie titanesque, un effort de volonté que je ne possède pas encore.

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